Par Yvens Jean Baptiste
Vingt-deux ans après des promesses de réaménagement qui semblent figées dans le temps, la zone d’Eppls, située dans les quartiers bas du Cap-Haïtien, demeure l’un des points les plus critiques de la ville. Suite aux récentes fortes pluies, la visite de la mairesse Angeline Bell a mis en lumière une réalité amère : pour les habitants d’Eppls, chaque averse est une menace vitale.
Un quartier « les pieds dans l’eau » , Eppls n’est pas seulement une zone vulnérable mais un réceptacle naturel pour les eaux de ruissellement et les alluvions provenant des mornes environnants.
Après une forte pluie, le constat est systématique :
Le niveau de l’eau monte rapidement, envahissent les maisons et détruisent le peu de biens que possèdent les familles.
Les sédiments et les déchets bloquent les rares canaux de drainage et transforment les ruelles en marécages impraticables.
Les mélanges de l’eau pluviale avec les latrines à ciel ouvert crée un foyer infectieux, augmentant les risques de maladies hydriques comme le choléra ou les infections cutanées.
Ces 22 ans résonne comme un cri d’alarme. la visite de la mairesse Angie Bell s’inscrit dans une volonté de témoigner de la détresse des citoyens. Elle souligne du surtout l’immensité de la tâche.
Malgré les efforts de la municipalité, les moyens financiers et techniques restent dérisoires face à l’ampleur du défi urbanistique que représente ce quartier.
Les constructions se sont multipliées sans aucun plan de drainage, obstruant le passage naturel de l’eau vers la mer.
Le déboisement des hauteurs du Cap-Haïtien entraîne des tonnes de limon vers Eppls à chaque pluie.
En absence d’un système de gestion des déchets efficace, les canaux servent de dépotoirs, empêchant l’évacuation des eaux.
Lors de son passage, la mairesse a pu constater que la résilience des habitants a atteint ses limites. L’urgence d’un curage massif et régulier des canaux de drainage, est probante.
Eppls est le reflet des défis majeurs auxquels fait face à la cité christophienne. Alors que le changement climatique intensifie la fréquence des intempéries, la situation de ce quartier ne peut plus attendre. Cette visite de l’administration communale doit être le point de départ d’une intervention conjuguée entre l’État central, la Mairie et les partenaires internationaux.