Mis en cause dans un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti, l’ancien sénateur Nenel Cassy rejette les accusations de liens avec des groupes armés. Lors d’une conférence de presse organisée par la structure sociopolitique LAVI, il a également critiqué la fiabilité de certaines informations relayées dans les rapports internationaux et mis en garde contre les conséquences de l’assimilation de responsables politiques à des groupes criminels.
L’ancien sénateur des Nippes, Nenel Cassy, a vivement contesté les accusations portées contre lui dans le rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti. Prenant la parole lors d’une conférence de presse organisée par la structure sociopolitique LAVI, le 13 octobre 2026, il a remis en question la crédibilité des informations utilisées pour étayer les accusations le concernant.
Au cours de son intervention, l’ancien parlementaire a notamment attiré l’attention sur la responsabilité des journalistes dans le traitement et la diffusion de tels documents. Selon lui, les professionnels de la presse doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils reprennent des informations issues de rapports dont les sources et les éléments de preuve peuvent être contestés. Il estime que les journalistes doivent être en mesure de justifier les informations qu’ils publient, particulièrement lorsque celles-ci mettent en cause la réputation et la responsabilité de personnalités publiques.
Nenel Cassy a également exprimé ses réserves à l’égard des méthodes de collecte et de vérification des informations utilisées par certains organismes internationaux. Il considère que les conclusions de ces rapports ne devraient pas être reprises sans un examen rigoureux des éléments qui les fondent.
Cette prise de position intervient après la publication d’un rapport du Groupe d’experts des Nations unies qui met en cause l’ancien sénateur pour ses liens présumés avec plusieurs groupes armés et pour diverses activités criminelles. Nenel Cassy rejette ces accusations, tandis que les allégations figurant dans le rapport doivent être distinguées d’une condamnation judiciaire.
Dans son intervention, l’ancien parlementaire a également évoqué l’histoire d’Haïti, notamment l’arrivée des Européens dans l’île en 1492, la violence de la colonisation et l’établissement du système esclavagiste. À travers ces références historiques, il a dénoncé ce qu’il considère comme une continuité dans les rapports de domination exercés sur le peuple haïtien.
Il a établi un parallèle entre cet héritage historique et la manière dont, selon lui, certains acteurs internationaux présentent aujourd’hui les responsables politiques haïtiens mis en cause dans des dossiers liés à l’insécurité.
Abordant la question des accusations de terrorisme, Nenel Cassy a rejeté cette qualification et dénoncé ce qu’il considère comme une stratégie politique visant à discréditer certains responsables.
Selon son argumentation, le fait d’associer systématiquement des personnalités politiques à des groupes armés peut contribuer à brouiller la distinction entre les acteurs qui dénoncent l’insécurité et ceux qui sont accusés d’y participer. Il estime également que ce phénomène risque d’avoir des conséquences sur la jeunesse, en donnant l’impression que les responsables politiques et les groupes criminels évoluent dans les mêmes réseaux.
Pour l’ancien sénateur, cette situation relève d’une stratégie politique dont les effets pourraient fragiliser davantage les perspectives d’avenir des jeunes Haïtiens.
En conclusion, Nenel Cassy a réaffirmé son opposition à toute association entre son engagement politique et le banditisme. Il a déclaré préférer abandonner la politique plutôt que d’accepter une telle assimilation.
Cette déclaration résume la position défendue par l’ancien parlementaire, qui conteste les accusations portées contre lui et remet en question la crédibilité des éléments avancés dans le rapport international.
Au-delà de son cas personnel, cette affaire relance le débat sur la vérification des informations, la responsabilité des médias et la nécessité de distinguer les accusations, les éléments de preuve et les décisions rendues par les instances judiciaires.