Le Parti Démocratique Chrétien Haïtien (PDCH) a exprimé sa position sur le budget de 250 millions de dollars américains envisagé par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) pour l’organisation des prochaines élections, appelant à une réforme du système électoral afin de garantir une meilleure maîtrise des coûts.
Dans un communiqué officiel, le parti souligne que la tenue d’élections crédibles, inclusives et transparentes demeure essentielle pour restaurer la légitimité des institutions et assurer la stabilité du pays. Toutefois, il insiste sur la nécessité d’adopter une approche rigoureuse et responsable face aux projections budgétaires actuelles.
Le PDCH rappelle qu’entre 2015 et 2016, sous l’administration de Jocelerme Privert, les élections avaient mobilisé environ 100 millions de dollars, un montant bien inférieur aux estimations actuelles. Il évoque également un budget prévisionnel d’environ 125 millions de dollars en 2021, estimant que le contexte actuel exige une optimisation des ressources disponibles.
Le parti met en avant plusieurs facteurs expliquant la hausse des coûts, notamment les contraintes logistiques, la dégradation des infrastructures routières et la situation sécuritaire, qui impose un recours accru au transport aérien. Il rappelle aussi le rôle des partenaires internationaux, dont le Programme des Nations unies pour le développement et l’Office des Nations unies pour les services d’appui aux projets, dans l’appui technique et logistique au processus électoral.
Face à ces défis, le PDCH plaide pour une concertation approfondie entre les différentes parties prenantes, incluant la Primature, le CEP et les partenaires techniques et financiers. Il propose notamment l’introduction d’un système de vote hybride combinant modalités électronique et présentielle, afin de faciliter la participation des électeurs et réduire certaines contraintes opérationnelles.
Le parti suggère également la délocalisation du centre d’opérations électorales vers des pôles régionaux comme le Cap-Haïtien, afin de contourner les difficultés d’accessibilité de Port-au-Prince et d’améliorer la distribution du matériel électoral à travers plusieurs départements.
Dans sa déclaration, le PDCH insiste sur la nécessité de mettre en place un cadre électoral permanent, capable d’assurer la continuité et la stabilité du processus démocratique, tout en évitant les blocages institutionnels.
Signé par son président, Mathias Pierre, le communiqué appelle enfin à un dialogue national structuré, fondé sur la transparence et le sens des responsabilités, afin de doter le pays d’un système électoral adapté aux réalités actuelles.