Le Comité de pilotage de l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a vivement critiqué le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur Haïti, qu’il juge politiquement orienté et déconnecté de la réalité du pays. Dans un communiqué publié ce samedi, le groupe accuse le BINUH de cautionner une dérive autoritaire et de participer, selon lui, à la légitimation d’un pouvoir de fait.
L’accord de Montana rejette catégoriquement la qualification des événements du 7 février 2026 comme une « continuité institutionnelle » ou une « passation pacifique ». Pour ses dirigeants, il s’agit plutôt d’une manipulation politique inacceptable, ayant conduit à un vide institutionnel et à une concentration illégale des pouvoirs entre les mains du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Le comité soutient qu’aucun cadre constitutionnel ne permet de justifier cette situation.
Le communiqué rappelle également que le décret du 7 février 2026, qui place le pouvoir exécutif sous l’égide du Conseil des ministres, ne saurait être assimilé à une application régulière de l’article 149 de la Constitution amendée. Selon le comité, cet article ne s’applique qu’en cas de vacance présidentielle constatée, ce qui obligerait à l’organisation d’une élection dans un délai compris entre 60 et 120 jours.
L’accord de Montana estime par ailleurs que le pays traverse une catastrophe humanitaire et sécuritaire sans précédent, marquée par des milliers de morts, des déplacements massifs et une forte dépendance à l’aide humanitaire. Dans ce contexte, le comité juge indécente toute lecture qui parlerait de progrès ou d’avancées, estimant qu’elle revient à banaliser la souffrance du peuple haïtien.
Le document dénonce aussi la tentative de légitimer un processus électoral qu’il considère irréaliste et dangereux. Le comité reproche au BINUH d’avoir franchi, selon ses termes, une ligne rouge en soutenant activement le Conseil électoral provisoire dans une démarche qualifiée de politiquement orientée.
L’accord de Montana voit dans cette attitude une tentative d’imposer, par voie administrative et sous influence internationale, des modifications substantielles à l’architecture constitutionnelle du pays.
Pour le comité de pilotage, le BINUH n’est plus un simple acteur de stabilisation, mais un acteur politique impliqué dans l’orientation du processus électoral. Il estime que cette posture viole l’esprit de son mandat et porte atteinte à sa crédibilité auprès du peuple haïtien.
En conclusion, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana exige la réévaluation immédiate du mandat et de la présence du BINUH en Haïti, tout en réaffirmant le droit du peuple haïtien à définir lui-même son avenir politique. Le comité insiste sur le fait qu’aucune stabilité durable ne peut être bâtie sur le mensonge, l’ingérence et la manipulation institutionnelle.