La Plateforme Ayisyen Pou Ayiti (PAPA) a publié un communiqué dans lequel elle exprime sa profonde inquiétude face à la dégradation de la situation politique en Haïti, marquée notamment par l’insécurité, les violences et le blocage du processus électoral.
L’organisation affirme constater une instrumentalisation du Conseil Électoral Provisoire (CEP), qu’elle accuse d’être au cœur d’une stratégie de manipulation du processus démocratique.
Dans sa prise de position, la plateforme critique également le décret du 7 février 2026, qu’elle considère comme une démarche visant à confisquer le pouvoir. Elle met en cause l’ancien Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusé d’avoir contribué au blocage du processus électoral, dans un contexte où la Constitution prévoit l’organisation d’élections dans un délai précis en cas de vacance présidentielle.
PAPA dénonce par ailleurs une volonté de contrôle du CEP à des fins politiques, l’utilisation de cette institution comme bouc émissaire, ainsi qu’une campagne de désinformation visant à influencer l’opinion publique. Selon l’organisation, la situation actuelle traduirait une collusion entre certains acteurs politiques et des réseaux criminels, ce qui constituerait une menace directe pour la sécurité nationale et l’avenir démocratique du pays.
Face à cette situation, la plateforme exige la publication urgente d’un calendrier électoral clair et irrévocable, l’indépendance totale du CEP, la fin immédiate de toute ingérence politique dans ses affaires, ainsi que l’exclusion des acteurs impliqués dans des pratiques criminelles des processus décisionnels. Elle appelle également à une mobilisation nationale afin de défendre la démocratie et annonce son intention d’engager des démarches de dénonciation au niveau international.
Le communiqué, signé par le coordonnateur national Jonas Coffy, invite la population à s’unir pour exiger la transparence, la justice et l’organisation d’élections crédibles dans les meilleurs délais.