Installée officiellement le 4 mars 2025 à la tête du ministère du Tourisme, Stéphanie Smith ouvre un nouveau chapitre pour un secteur aussi stratégique que fragilisé. Politologue de formation, elle succède à Jhon Erick Dessources dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire persistante et de fortes tensions économiques. La cérémonie d’installation, présidée par la ministre à la Condition féminine, Pedrica Saint, a scellé cette transition institutionnelle à un moment charnière.
Cette nomination intervient alors que le tourisme traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente. La dégradation du climat sécuritaire a entraîné une baisse significative de la fréquentation, un recul des investissements et un ralentissement notable des activités hôtelières, artisanales et culturelles. Or, le tourisme repose sur une donnée essentielle : la confiance. Confiance des visiteurs, des investisseurs et des partenaires internationaux. Lorsque l’image d’un pays est affectée, l’industrie touristique en subit immédiatement les conséquences.
Dans son allocution, la nouvelle ministre a adopté une posture lucide et mesurée. Elle a reconnu que la relance du secteur ne saurait être dissociée d’une amélioration globale du contexte national. Le tourisme ne peut prospérer en vase clos. Il dépend d’un environnement sécurisé, d’institutions stables et d’une coordination efficace entre les différentes sphères de l’action publique. La problématique dépasse donc la seule gestion ministérielle ; elle s’inscrit dans une dynamique plus large de redressement national.
Cependant, malgré les contraintes actuelles, le potentiel du secteur demeure intact. Le tourisme constitue un levier important de développement économique. Il favorise la création d’emplois directs et indirects, soutient les petites et moyennes entreprises, dynamise l’artisanat et participe à la valorisation du patrimoine culturel et naturel. Dans un contexte de raréfaction des opportunités économiques, sa revitalisation pourrait contribuer à stimuler certaines régions et à recréer des espaces d’activité et d’espoir.
La feuille de route esquissée par Stéphanie Smith s’articule autour de trois axes majeurs : le renforcement de la collaboration entre acteurs publics et privés, la sécurisation progressive des sites à fort potentiel touristique et la promotion structurée des atouts du territoire. L’objectif affiché est de poser les bases d’une relance graduelle, réaliste et adaptée aux contraintes actuelles. Néanmoins, la réussite de cette orientation dépendra de la capacité à traduire ces engagements en actions concrètes, coordonnées et évaluables.
L’entrée en fonction de Stéphanie Smith intervient donc à un moment décisif. Entre attentes élevées et obstacles structurels, la mission s’annonce complexe. Si le tourisme ne peut, à lui seul, corriger les fragilités nationales, il peut néanmoins devenir un vecteur de redynamisation économique et d’amélioration de l’image du pays, à condition que les conditions fondamentales de stabilité et de gouvernance soient progressivement consolidées.